Par un soir d'orage violent - Michel Côté
Michel Côté

Le temps passe, mais les souvenirs restent. Tout est gravé dans notre mémoire. Parfois, ces souvenirs sont supportables, d’autres fois pénibles. Comme étoiles filantes, les gens passent et chacun suit son chemin. Sur ce blog, je porterai mon regard sur ces routes, parfois parallèles, parfois entrecroisées.

Par un soir d'orage violent

Par un soir d'orage violent - Michel Côté

J’avais décidé de me former un peu mieux à la cuisine. Avant de me mettre à l’art culinaire d’une façon sérieuse, car avant je n’étais même pas capable de faire cuire des pâtes sans qu’elles soient trop cuites, de faire un œuf dur correct, ou même de découper des tomates. Comme je fus célibataire pendant quelque temps, je dus me mettre à cuisiner. De plus, de vivre seul me poussait à inviter des amis très régulièrement, et je pus m’en servir comme de cobayes pour mes préparations. Ils furent tous ravis de goûter à mon sabayon au champagne, au rôti de porc aux pommes et au miel, à la mousse d’aïoli ou encore au potage de potimarron à la noisette. J’appris à confectionner des brioches bien dodues, incroyablement légères, alors que la tonne de beurre que je mets dedans est tout simplement indécente. J’ai vite appris les bases pour mijoter, dresser et éclaircir.

Comme j’avais des veines qui ressortaient aux jambes depuis des années, je décidais de me faire soigner mes varice laser dans un institut reconnu, le meilleur que je puisse trouver. Après ces soins, j’étais reparti pour des sessions dans ma cuisine à concocter de nouveaux plats. Comme je le constatais en rentrant chez moi, mes armoires étaient quasiment vides, seules quelques épices me restaient. Je descendis chez mon épicier pour trouver tout ce qu’il était nécessaire pour me préparer un bon repas. J’avais dans l’idée de lire un roman que j’avais commencé et d’écouter de la musique. Ce programme, très simple, était celui que je réservais pour mes vendredis soirs en solitaire.

Je fus étonné de voir les gens qui se pressaient dans la rue. Un gros orage était annoncé. Le tonnerre déchira l’air du soir, alors que je venais de rentrer dans mon appartement. Je fermais donc mes fenêtres, le plus rapidement possible, et j’observais la pluie qui tombait sur la ville. Cela me donne toujours un sentiment de calme et de douceur dans ces moments. Je me mis à faire mon repas du soir en chantonnant un air de musique classique que j’aime particulièrement, extrait de La Traviata. Finalement, je décidais de prendre mon souper dans le salon pour profiter de l’intensité de l’orage. C’était splendide. Avec un bon verre de Chardonnay, un riz sauté aux oignons accompagné de fines tranches de jambon italien, je terminais mon délicieux repas par un café. Les petits gâteaux au chocolat, que je congèle en avance, furent passés au four et ils couronnèrent un merveilleux repas.